Billets

White: The Melody of the Curse ("Hwaiteu: Jeojooui Mellodi ")

Première Québécoise
Sélection officielle, Festival international du film de Vancouver 2011

“Gok and Sun prove themselves amongst the more energetic and enthusiastic directors to have tackled the genre of late” — James Mudge, BEYOND HOLLYWOOD

Pink Dolls est un groupe de K-pop dont le style un peu trop mignon pour les nouvelles tendances provocantes suscite l’indifférence la plus totale au sein du public. Alors qu’ils viennent d’emménager dans un studio où se serait précédemment déroulé un incendie mortel, Eun-joo, l'ainée de la troupe, découvre une vieille cassette VHS contenant la performance d’une formation apparemment inconnue. Les Pink Dolls décident alors de s'approprier la chanson, qu'ils intitulent simplement "White", espérant enfin connaitre la gloire. Contre toute attente, "White" devient un véritable phénomène populaire. Les fans se ruent sur elles, de même que les offres alléchantes. Toutefois, le groupe doit se trouver un leader, ce qui attise convoitises et conflits. De plus, chaque fois que leur gérante sélectionne l'une des filles pour remplir ce rôle, un incident étrange l'envoie à l'hôpital. Comme il apparaît évident que quelque chose cloche avec cette chanson tombée du ciel, Eun-joo entreprend d'enquêter sur ce qui prend de plus en plus l'allure d'une malédiction.

Après avoir enflammé la Corée, les groupes de K-pop ― tels que Girls Generation ― ont pris d’assaut l’Asie et s’apprêtent maintenant à conquérir du monde grâce à une stratégie digne du Général MacArthur. Qu’on adore ou qu’on déteste, la K-pop attise une passion viscérale. Quiconque visionne WHITE : THE MELODY OF THE CURSE se rend rapidement compte que les réalisateurs-scénaristes Kim Sun et Kim Gok (créateurs de l'ovni ANTI GAS SKIN, sélectionné à Venise) honnissent ce phénomène. Pour leur premier film commercial, ces deux rebelles du cinéma coréen recourent aux codes de la « J-horror » pour y aller d’une critique cinglante de cette industrie digne de PARLEZ-NOUS D’AMOUR, mais de manière beaucoup plus grand public que le classique de Jean-Claude Lord. Abus psychologiques et sexuels, fans hystériques, superficialité, ambition démesurée… tout y passe, mais les frères jumeaux Kim utilisent adroitement ces éléments bien réels pour appuyer leur récit surnaturel. Ainsi, le spectre tend davantage à pousser les membres de Pink Dolls dans différentes situations qui existent déjà dans le milieu, par exemple une meute d'admiratrices en délire, plutôt que de tenter simplement de les tuer. Ce qui laisse libre cours à de malencontreux incidents et à une finale délicieusement ironique. Sélectionné au prestigieux festival de Vancouver, WHITE prouve que la « K-horror » est bien vivante et qu'il y aura toujours des auteurs sud-coréens capables d'offrir un cinéma de genre ayant quelque chose à dire.

— Nicolas Archambault

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