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Poongsan ("Pungsangae")

Première Nord Americaine
Sélection officielle, Festival international du film de Busan 2011
Sélection officielle, Tokyo FILMeX 2011
Sélection officielle, Festival international du film fantastique de Bruxelles 2012

“Unfaltering in its momentum and often unbearable in its intensity” - Maggie Lee, HOLLYWOOD REPORTER

“Ideologically charged... dark, thought-provoking, and bloodstained” - C.J. Wheeler, HAN CINEMA

Qui est cet homme qui franchit la frontière séparant les deux Corées lorsque tombe la nuit? C'est l'une des zones les plus étanches sur cette planète et traverser ce lieu bourré de pièges, de mines et de soldats embusqués tirant à vue relève de l'impossible. C'est du suicide. Mais pour celui que l'on surnomme Poongsan, passer clandestinement de la Corée du Nord à la Corée du Sud, c'est simplement un boulot. Le mystère entourant cet homme muet est total. Il est impossible à joindre et recrute lui-même sa clientèle au sein des familles séparées par la frontière, pour qui il passe des messages, des objets ou même des gens d'un pays à l'autre, avant de disparaître. Lorsqu'il accepte un contrat consistant à emmener au Sud In-ok, la femme d'un transfuge nord-coréen, tout chavire. Les hommes l'ayant mandaté travaillent pour le gouvernement et n'aiment pas voir bafouer systématiquement leurs efforts de sécurité frontalière. Ensuite, le transfuge devient la cible d'assassins nord-coréens qui repéreront vite celui qui fait « émigrer » tous ces camarades vers la terre ennemie. Finalement, une passion aussi subite qu’interdite surgit entre Poongsan et In-ok. Trahi et manipulé par les gens des deux camps, il se livrera à une vengeance pour le moins créative...

Que tous les fans du Kim Ki-duk de l'époque BAD GUY et THE COAST GUARD se lèvent! La ressemblance entre POONGSAN, que Kim a d'ailleurs écrit et produit, et le cinéma plus brut et viscéral qu’affectionnait le célèbre auteur coréen au début des années 2000 est frappante. Or, même si les thématiques abordées, ainsi que les personnages et leurs motivations, semblent tout droit sortis des œuvres du maître, le réalisateur Juhn Jai-hong a créé un film distinct, en misant notamment sur l'humour noir et l'action. Car si POONGSAN est une œuvre sombre, nihiliste et même parfois cruelle, il renferme aussi son lot de moments amusants et quelques scènes d'anthologie, dont une séquence carrément jouissive où notre antihéros se venge de tous ceux qui s'en sont pris à In-ok et à lui. À l'image de ces représailles aussi géniales que vicieuses, POONGSAN se livre à une charge démocratique écorchant autant la Corée du Nord que la Corée du Sud et évite ainsi le piège dans lequel s'embourbent la plupart des productions traitant du conflit coréen. Le tandem Kim Ki-duk et Juhn Jai-hong crée ici un film éminemment politique ne sombrant jamais dans la facilité, en forme de suspense trépidant et magnifique qui ne laissera personne indifférent.

— Nicolas Archambault

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