Billets

Robo-G ("Robo Ji")

Première Nord Americaine
  • Japon
  • 2012
  • 111 mins
  • HD
  • Japonais
  • Anglais (sous-titres)

“A rare freshness of concept... laugh-out-loud gags” — Mark Schilling, JAPAN TIMES

Ota, Kobayashi et Nagai, trois employés de l'entreprise Kimura Electrical, bossent sur un androïde qu'ils doivent livrer en vue d'une grande exposition de robotique. Or, quelques jours avant la date fatidique, leur création se jette par la fenêtre et s'écrase quelques étages plus bas. Ne disposant plus d’assez de temps pour créer une nouvelle machine, ils élaborent l'ultime plan foireux : sauver l’honneur de la compagnie en mettant quelqu'un dans les restants de leur robot. Le trio lance donc une audition à laquelle participe Suzuki, un vieux veuf grincheux en constante recherche d'attention. Toujours à couteaux tirés avec son entourage (sa fille et ses petits enfants en ont vraiment marre de son attitude), papi Suzuki aimerait bien faire quelque chose pour occuper son temps. Bien qu’à 73 ans, il est loin d'être le candidat idéal, ses mensurations lui permettent d'obtenir le rôle. Mais notre grand-père accro aux applaudissements en met un peu trop lors de l'exposition et sauve la vie d'une spectatrice, Yoko, attirant une incroyable couverture médiatique sur le robot qu'il incarne. Élevés au titre de génies de la robotique, Ota, Kobayashi et Nagai devront trouver un moyen de garder secrète leur tromperie, tout en tentant de contenir l'incontrôlable Suzuki et l'enthousiasme de Yoko pour son sauveur.

Passé maître dans l'art du « feel good movie » où triomphent de personnages sympathiques et sous-estimés, le réalisateur-scénariste Shinobu Yaguchi (SWING GIRLS) revient par la grande porte après quatre ans d'absence avec ROBO-G. Partant d'une prémisse loufoque propice aux gags puisant dans de nombreux registres comiques, Yaguchi injecte un sous-texte habilement développé sur l'acceptation de soi et la marginalité ajoutant une dimension dramatique émouvante à l'ensemble. Ainsi, les scènes totalement hilarantes, telles les auditions absurdes susmentionnées, ainsi que l'expo où Suzuki se donne en spectacle au grand désespoir du trio d'ingénieurs, contribuent à l'évolution des protagonistes sur lesquels repose entièrement le récit. Grâce au doigté scénaristique de Yaguchi et à l'excellente distribution menée par la pétillante Yuriko Yoshitaka (GANTZ, ADRIFT IN TOKYO) et le vénérable Shinjiro Igarashi (ex-vedette rock, aussi appelée Mickey Curtis), absolument parfait dans le rôle de Suzuki, les parcours parallèles des personnages s'imbriquent à la perfection et passionnent jusqu'à la toute fin. Si ROBO-G est certes un divertissement grand public visant à faire sourire, il laisse subtilement plusieurs pistes de réflexion que le spectateur a lui-même le loisir d'explorer. C'est ce qu'on appelle respecter son public.

— Nicolas Archambault

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