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The King of Pigs ("Dwaejiui Wang")

Première Canadienne
En présence du réalisateur, scénariste et monteur Yeun Sang-ho
GAGNANT : Prix NETPAC, Prix Movie Collage, Prix DGK du meilleur réalisateur, Festival international du film de Busan 2011
Sélection officielle, Quizaine des réalisateurs, Festival de Cannes 2012
Sélection officielle, Festival du film asiatique de New York 2012

“Ugly, pitiless... this satire on class inequality burns like acid” — Maggie Lee, HOLLYWOOD REPORTER

"Yuen Sang-ho gets his message across with undeniable fury and a good measure of intelligence" — Richard Kuipers, VARIETY

Lorsque Jong-suk et Kyung-min se rencontrent pour discuter du temps passé ensemble à l'école secondaire, cela fait 15 ans qu'ils ne se sont pas parlé. Les bons souvenirs se font rares pour Kyung-min, qui était plutôt chétif, et Jong-suk, provenant d'un milieu pauvre, car tous deux vivaient dans la peur de l'intimidation et de l'humiliation que les enfants de familles aisées leur faisaient subir. Ils se remémorent ce jour où le petit Chul était venu à la défense de Kyung-min, administrant une sévère correction à l'un de ses tortionnaires. Les représailles furent nombreuses, mais Chul répondait à chaque fois avec une fureur hors du commun, battant violemment quiconque l'emmerdait. Chul n'en avait rien à foutre de ce système hiérarchisé où ceux qu'il avait baptisé «les chiens» s'en prenaient constamment aux plus faibles, appelés «les cochons». Ce statut, lui, il l'embrassait pleinement et il voulait rendre misérable la vie des chiens. Pour y arriver, il s'entraînait à devenir un véritable monstre de cruauté, encourageant Jong-suk et Kyung-min à faire de même. Oui, 15 années se sont écoulées, et ces deux hommes parlant du bon vieux temps verront bientôt qui d'entre eux y est parvenu.

Sans aucun doute, avec THE KING OF PIGS, le réalisateur-scénariste Yeun Sang-ho entame une carrière qui aura tôt fait d'ébranler le cinéma d'animation. À l'instar du regretté Satoshi Kon avec son classique PERFECT BLUE, Yeun livre une première œuvre violente et percutante, ancrée dans les plus sombres recoins de l'humanité. Puisant à même ses propres souvenirs, il expose avec autant d'acuité que de fureur différents sujets clés de toute société industrialisée, tels que la lutte des classes, le suicide et l'intimidation, les mettant brillamment en interrelation. Empruntant allègrement au cinéma de genre (notamment au suspense et au film d'horreur), THE KING OF PIGS pourrait se décrire comme la jonction animée entre BLEAK NIGHT de Yoon Sung-hyun, BULLY de Larry Clark et BREATHLESS de Yang Ik-june, ce dernier prêtant d'ailleurs sa voix au personnage de Jong-suk. Le style d'animation plus brut, dû en partie au budget restreint de 150 000 dollars, sert bien le propos du film, qui mise davantage sur l'expression des émotions ressenties par les protagonistes. Une attention particulière à la lumière et aux mouvements de caméra ajoute énormément à l'aspect visuel de ce long métrage animé. Rien de moins qu'un chef-d'œuvre, THE KING OF PIGS figure parmi les incontournables de Fantasia 2012.

— Nicolas Archambault

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