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The Woman in the Septic Tank ("Ang Babae Sa Septic Tank")

Première Québécoise
  • Philippines
  • 2011
  • 87 mins
  • HD
  • Tagalog
  • Anglais (sous-titres)
GAGNANT: Meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario, prix du public, Cinemalaya Independent Film Festival 2011

“A cheeky backstage farce of the poverty-film genre” — Nick Pinkerton, NEW YORK TIMES

Aisés, bien intentionnés et fraîchement sortis de l’école de cinéma, Rainier, Bingbong et Jocelyn pensent être assis sur une mine d’or. À la veille de débuter le tournage de leur premier long-métrage, ils sont convaincus qu’ils feront sensation avec un film indépendant qui sera digne d’un Oscar et qui lancera leur carrière sur le circuit festivalier international. « Sans Rien », décrivant les difficultés inimaginables d’une mère de 7 enfants, vivant seule dans les bidonvilles de Payatas, est presque prêt à être tourné, mais quelques modifications sont encore nécessaires : pourquoi ne pas tourner le film comme un cinéma-vérité? Tel que rêvé par Jocelyn, pourquoi pas une comédie musicale, même si terriblement inappropriée? Tant d’options à considérer, mais si le succès est garanti, rien n’est hors limite. De plus, ils doivent trouver leur actrice principale. Après avoir considéré brièvement les talents de stars philippines telles que Mercedes Cabral et Cherry Pie Picache (jouant leurs propres rôles), ils choisissent Eugene Domingo, légende du « soap opera », (interprétant ici une version exagérée d’elle-même et volant momentanément la vedette). Préparez-vous… le cinéma philippin vient de trouver ses nouveaux héros.

Satire acerbe du cinéma philippin indépendant, THE WOMAN IN THE SEPTIC TANK attaque la notion de « pauvreté pornographique » avec son trio de jeunes cinéastes désillusionnés et leur idyllique journée de pré-production (incluant révisions scénaristiques et recherche de lieux de tournage). En nous détaillant à l’écran le déclin décroissant de leur scénario, Marlon Rivera livre ici plusieurs films imbriqués l’un dans l’autre et se montre très critique à l’égard de ses collègues cinéastes. La culture philippine est-elle définie par sa pauvreté? Est-ce tout ce qui intéresse les programmateurs de festivals internationaux? Selon Rivera, il semblerait que oui. Énorme succès lors de sortie, ce film devint l’un des films indépendants les plus lucratifs de l’histoire du cinéma philippin, prouvant peut-être la validité d’un propos à la fois honnête, nécessaire et rafraichissant. Portant son titre tel le punch d’une gigantesque farce, THE WOMAN IN THE SEPTIC TANK est un film intelligent, drôle et inconfortable, ainsi qu’une réflexion hilarante sur les mécanismes du cinéma international, où les perspectives occidentales font passer une certaine exploitation pour de l’art. Sans être spécifique, il s’agit d’une claque au visage de réalisateurs tels que Brillante Mendoza – ou peut-être, simplement, un regard sur ce qu’un jeune cinéma philippin a de plus frais et d’occasionnellement méchant à offrir.

— Ariel Esteban Cayer

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