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The Haunting of Julia ("Full Circle")

“Appealingly creepy, understated and compelling” — Adam Groves, FRIGHT.COM

La culpabilité rongeait les films de genre des années 1970 tel un parasite, hantant l’esprit des personnages féminins qui oscillaient entre leurs tâches domestiques et leur désir d’autonomie. Un exemple parfait et dévastateur d’une telle conscience coupable se trouve dans le film THE HAUNTING OF JULIA (aussi connu sous le nom de FULL CIRCLE) de Richard Loncraine, dans lequel Mia Farrow interprète le personnage éponyme, une mère troublée qui a tué accidentellement son propre enfant en performant sur lui une trachéotomie d’urgence.

Après sa subséquente hospitalisation, Julia laisse immédiatement son mari Magnus (Keir Dullea) et part à la recherche d’une maison où elle pourra se retrouver seule face à son chagrin. En plus de la pression exercée par son mari agressif et l’indiscrète sœur de ce dernier pour qu’elle revienne à son triste mariage, la nouvelle habitation de Julia est le genre de maison immense et sinistre desquelles se nourrissent cauchemars et paranoïa. Julia décide d’investiguer sur les précédents habitants de la maison, découvrant qu’une petite fille nommée Olivia y vivait auparavant, une fille si jolie qu’elle arrivait à se faire pardonner tous ses méfaits – même le meurtre d’un autre enfant. Julia commence à ressentir la présence de cette petite fille dans la maison avec elle, sans pour autant se sentir menacée : elle s’identifie à la culpabilité meurtrière de cette enfant, jouant à la fois le rôle de l’enfant et de son rédempteur. Elle aidera ainsi cette enfant terrible à trouver la paix.

Bien que cette coproduction britannique-canadienne était l’un des projets les plus estimés de l’âge d’or du « Canuxploitation » de l’époque des paradis fiscaux, c’est presque devenu un film perdu à cause de problèmes de droits d’auteur (qui ont empêché une restauration légitime) et de sa rareté autant en format vidéo (à part une version VHS discontinuée datant de 1984) qu’en copie pellicule de circulation en salles : d’ailleurs, cette copie a été télécinée spécifiquement pour cette projection par la Bibliothèque et Archives Canada, à partir d’une copie maîtresse 35mm de préservation, faisant de cette représentation une occcasion uniques de voir le film sur grand écran. Accompagné par l’une des trames musicales les plus mémorables du cinéma d’horreur, composée par le maître ès synthétiseurs Colin Towns, THE HAUNTING OF JULIA est un chef d’œuvre méconnu d’une sobriété funèbre, porté par une performance dévastatrice de Mia Farrow, qui joue si bien les rôles de névrosées.

— Kier-La Janisse

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