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Il n'y a pas de rapport sexuel

Première Québécoise
  • France
  • 2011
  • 79 mins
  • Vidéo
  • Français
En présence du producteur HPG
Sélection officielle, Hot Docs 2012
Ce film comporte un contenu explicite pouvant choquer certains spectateurs. Interdit aux mineurs.

"[…] une oeuvre conceptuelle troublante, qui ouvre chez le spectateur des abîmes de questionnement […]" — Isabelle Regnier, LE MONDE

"[…] ce kaléidoscope évite le piège de la complaisance pour construire une mise à nu, au propre comme au figuré, pleine de désarroi, de mélancolie et d'une auto-ironie au vitriol." — Xavier Leherpeur, LE NOUVEL OBSERVATEUR

Sur un plateau de tournage, une caméra installée sur un trépied filme en continu les gestes et paroles d’une équipe en plein travail. Personne n’y prête attention, chacun étant trop occupé à accomplir une tâche précise. Alors que le réalisateur s’active à ajuster l’éclairage, l’un des interprètes se caresse le sexe afin de maintenir son érection. Au même moment, une comédienne se maquille les lèvres d’un lubrifiant imitant la couleur et la texture du sperme. Le long métrage en chantier n’est pas comme les autres. Mais pour ces artisans ayant choisi la pornographie comme métier, il s’agit d’une journée de boulot parmi tant d’autres dans les studios du cinéaste HPG.

Vedette avant-gardiste du X français avec plus de six cents films à son actif, HPG est le précurseur du sous-genre appelé « gonzo ». Il a également signé quelques essais cinématographiques, dont l’inclassable succès cannois ON NE DEVRAIT PAS EXISTER. En plus de s’attirer les foudres de la presse, cet artiste total a été salué par Jean-Luc Godard et Lars Von Trier. Depuis plus d’une décennie, ce « hardeur » archive des enregistrements de ses tournages avec une seule idée en tête : offrir ces images prises sur le vif à un regard externe afin d’en faire un documentaire. Cet individu, il l’a trouvé en Raphaël Siboni. Le plasticien de renommée internationale a visionné des milliers d’heures de prises de vue pour aboutir avec IL N’Y A PAS DE RAPPORT SEXUEL, un singulier long métrage qui nous entraîne derrière la porte verte, dans les coulisses de l’industrie pornographique.

Le premier film de Siboni se distingue de plusieurs documentaires abordant le même sujet par sa perspective maintenue à un degré zéro. Son propos ne consiste pas à défendre ou condamner le genre, mais plutôt à montrer des blocs de réalité brute présentés sous forme de brefs épisodes. En plus de dévoiler froidement la simulation du sexe à l’écran, ce percutant exemple de cinéma-vérité nous transforme en voyeur espionnant au jour le jour la petite troupe de HPG. Celle-ci apparaît sous son vrai visage, même si pareille exhibition s’avère rarement flatteuse. IL N’Y A PAS DE RAPPORT SEXUEL, mais bien des rapports humains entre des êtres fragiles motivés par la gloire. Ils gravitent autour de HPG, un déconcertant personnage excentrique au bord de l’explosion. Bien qu’elle provoque souvent le rire, cette œuvre sans compromis choque par son authenticité. Vous n’en croirez pas vos yeux.

— Simon Laperrière

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