Billets

Toad Road

Première Mondiale
En présence du réalisateur, producteur et scénariste Jason Banker, et des producteurs Liz Levine et Adrian Salpeter

Dans un coin perdu au fin fond de nulle part se trouve York, une bourgade américaine sans histoire où le temps semble suspendu. Il s’agit de l’une de ces municipalités monotones qu’un voyageur traverse sans y accorder la moindre attention. Ses habitants y mènent une existence tranquille loin du stress des grandes métropoles. Mais pareil calme pèse lourdement sur les épaules des jeunes résidents de York. À leurs yeux, ce bled constitue un cul-de-sac à leur avenir, un lieu qu’il faut fuir dès qu’une opportunité se présente. Dénué de réelles ambitions, James craint que ce moment ne vienne jamais. Afin d’oublier la fatalité de son destin, il combat l’ennui à coups de fêtes sans joie. Son quotidien est un cercle vicieux imbibé d’alcool et de narcotiques. L’autodestruction le guette, jusqu’au jour où Sara fait irruption dans sa vie. Intriguée par une légende locale, cette fille belle et éclatante souhaite que James l’accompagne à Toad Road, un boisé situé près de York où se trouveraient les sept portes de l’Enfer. Amoureux, il la suivrait n’importe où, même au-delà des limites de ce monde. Lorsque James accepte l’invitation de Sara, il pénètre avec elle une forêt mystérieuse en assumant tout risque. Car si la rumeur dit vrai, ils ne pourront revenir en arrière et demeureront à jamais prisonniers du royaume des ombres.

Impressionnant premier long métrage du talentueux Jason Banker, l’inclassable TOAD ROAD se situe à une croisée des chemins. D’une part, il s’agit d’une méditation intimiste sur une jeunesse en perdition qui évoque les films de Gus Van Sant. Campé dans un réalisme déconcertant, le récit de Banker dépeint avec nuance le portrait d’une génération néant. Il capture avec une justesse digne de Larry Clark l’essence du désespoir qui habite James. Le résultat est un drame poignant sur la déchéance humaine. TOAD ROAD propose également une déconstruction radicale du cinéma de genre. En s’inspirant d’une véritable légende urbaine, il imagine un univers proche du nôtre où le fantastique appartient au quotidien. Plus les protagonistes se rapprochent de Toad Road, plus la frontière entre réel et imaginaire se brouille. Soudainement, la posture naturaliste initiale cède sa place à un onirisme contagieux qui remet en cause ce qui est donné à voir. Une terreur sourde nous envahit et refuse de lâcher prise. D’un génie foudroyant, TOAD ROAD est un objet de contemplation et de hantise qui nous entraîne dans des sentiers inattendus.

— Simon Laperrière

Sponsors
Sponsors