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Columbarium

Première Mondiale
  • Québec
  • 2012
  • 86 mins
  • HD
  • Français
  • Anglais (sous-titres)
En présence du réalisateur / Scénariste / producteur Seve Kerr et des acteurs David Boutin, Maxime Dumontier, Pierre Collin et Gilbert Comtois

Diplômé d’Harvard, Mathieu (David Boutin) brasse pas mal d’argent. Et ça a l’air de l’angoisser, à en croire toutes ces pilules qu’il doit ingérer pour réussir à dormir ou se calmer. Joueur invétéré, il bosse comme ingénieur financier pour une grosse compagnie et vit depuis plusieurs années avec sa femme et sa fille aux États-Unis. Simon (Maxime Dumontier), son frère cadet, modeste et bon vivant, aimerait beaucoup lui aussi vivre le rêve américain. Il songe d’ailleurs à déménager à Los Angeles avec sa copine, afin d’y devenir acteur. Le premier passera prendre son petit frère avant de se rendre dans le fond des bois à La Tuque, dans le luxueux chalet de leur père, récemment décédé dans un mystérieux accident. À leur arrivée, l’exécuteur testamentaire et vieil ami du paternel les informera des dernières volontés de ce dernier : afin de pouvoir hériter, ils devront passer sept jours sur place, afin de construire un columbarium (pour abriter l’urne de leur défunt père). Une semaine qui semblera interminable pour nos protagonistes, qui tranquillement feront leur deuil et exorciseront leurs démons (jusqu’à presque en perdre la raison), en sortant les squelettes de leurs placards et en ressassant de vieilles mémoires. La paranoïa s’installera et la tension montera, alors que l’étau se resserrera sur eux, avant que la lumière se pointe enfin à nouveau et illumine nos chers frères.

Avec sa trame sonore mélangeant habilement musique classique (Verdi, Bach, Satie) et rock vintage (Les Jaguars) ou actuel (Jean Leloup), ce premier film de Steve Kerr surprend, de part sa maîtrise visuelle et ses ambiances savamment construites. Doté d’une direction photo impeccable, ce thriller psychologique est magnifiquement filmé avec beaucoup de style (i.e. une ouverture à la Dexter tout en plans rapprochés façon Aronofsky, une partie de carte feutrée et bluesée, des rêves cauchemardesque et autres hallucinations…). Vigoureusement et nerveusement monté, le cadre rural et isolé de cet intense huis clos n’est pas sans rappeler le récent ― bien que vraiment différent ― film québécois JALOUX. Également scénariste, Kerr s’est vraisemblablement inspiré de son passé académique et professionnel (diplômé au HEC et membre en règle de l’Ordre des Comptables Agréés du Canada) afin de créer son complexe et nuancé personnage principal, qui pourrait bien être un cousin éloigné du Jack de l’intemporel SHINING, alors que son histoire aux accents mystiques rappelle par moment l’univers sombre de l’auteur fantastique Patrick Senécal. Nuancé et singulier.

— Kristof G.

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