Billets

Postman Blues ("Posutoman burusu")

  • Japon
  • 1997
  • 110 mins
  • Vidéo
  • Japonais
  • Anglais (sous-titres)

“A virtuoso exercise in storytelling… a funny, inventive and winning charmer” – Tom Mes, MIDNIGHT EYE



Sawaki, facteur de profession, est le portrait parfait de l’innocence, mais peut-être pas de la compétence. Avec un sourire affable accroché à son visage enfantin, il effectue quotidiennement sa tournée sur sa bicyclette rouge. Par hasard, un jour, il livre une lettre à Noguchi, un ancien camarade de classe du secondaire, qui vient tout juste de se trancher un doigt afin de recevoir l'absolution du boss de son gang de yakuzas. Pour faire une histoire courte, le doigt se retrouve dans le sac de Sawaki, mettant ainsi Noguchi dans le pétrin avec son gang et la police aux trousses de Sawaki, le soupçonnant d’être un maniaque meurtrier à la solde de la mafia. D’autre part, lors d’une visite du pavillon de cancérologie de l’hôpital local, Sawaki se lie d’amitié avec Joe, un tueur à gages cool comme tout, et s’éprend de Sayoko, une jeune beauté en phase terminale.

Une étoile filante a traversé les écrans de cinéma japonais au tournant du millénaire. En l’espace de six films, en commençant par DANGAN RUNNER (1996), l’acteur devenu réalisateur Sabu, alias Hiroyuki Tanaka, s’est distingué grâce à son talent pour la comédie noire intelligente, énergique et exceptionnellement empathique. Son hilarant et hyperactif premier film a été suivi par UNLUCKY MONKEY, MONDAY, DRIVE et le magistral BLESSING BELL (2002), qui mettaient tous en valeur l’acteur définissant le cool qu’est Susumu Terajima — qu’on retrouve en flic crinqué dans POSTMAN BLUES (1997), le deuxième film de Sabu. Les cinq premiers longs métrages de Sabu mettaient en vedette Shinichi Tsutsumi, invariablement dans le rôle d’un Monsieur-tout-le-monde timide, malchanceux et dépassé par les événements. Les constructions de cause à effet diablement loufoques du cinéaste ont attrapé autant policiers que bandits, salariés et fonctionnaires, les forçant tous à faire face à qui ils sont et à qui ils pourraient être. Le fardeau contraignant des conventions et des identités, déjà une préoccupation prononcée dans l’art japonais, est exploré avec beaucoup de compassion, mais jamais au détriment de péripéties aussi inspirées que déjantées (agrémentées dans le cas de POSTMAN BLUES d’amusants clins d’œil aux thrillers policiers de l’époque).

Suite à BLESSING BELL, Sabu s’en est allé dans diverses directions, d’une escapade comique mettant en scène un « boy band » à un étrange élan de réalisme social à bord d’un bateau de pêche au crabe. Ses six premiers films demeurent toutefois d’inspirantes œuvres phares et POSTMAN BLUES est une pierre angulaire de ce cycle.

— Rupert Bottenberg

Sponsors
Sponsors