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Chained

Première Mondiale
En présence de la réalisatrice/co-scénariste Jennifer Lynch et co-scénariste Damian O’Donnell



Après une agréable excursion, Sarah et son jeune fils embarquent dans un taxi pour retourner à la maison. Ils ne se rendront jamais à destination. Le destin est parfois cruel et cette fois-ci, il s’est arrangé pour que ce taxi appartienne à Bob (Vincent D’Onofrio), un tueur en série ayant depuis longtemps réalisé les avantages macabres d’un emploi lui amenant ses victimes sur un plateau d’argent. Rebaptisant le garçon « Rabbit », Bob l’adopte de force pour en faire son propre fils, qu’il garde avec lui. Pendant des années. La vie avec Bob n’est pas facile pour Rabbit. Il est d’humeur inégale, exigeant (« Tu me servira quotidiennement à déjeuner pour le reste de ta vie »), violent et froid. Le pire étant que Bob force le garçon à nettoyer après ses crimes. En même temps, d’une façon assez tordue (évidemment), il désire être un bon père, élevant un fils afin qu’il soit bien préparé à avoir du succès dans la société. Ce que Bob considère être du succès et le genre de monde dans lequel il vit, voilà où le bât blesse. Maintenant adolescent, Rabbit (Eamon Farren) s’est fait démontrer sans équivoque que Bob s’attend à ce qu’il devienne un meurtrier de masse.

Depuis le jour où elle fit irruption dans le milieu avec le largement incompris et toujours controversé BOXING HELENA il y a 19 ans, Jennifer Lynch s’est avérée être une envoûtante iconoclaste dans le paysage du cinéma indépendant américain, son approche provocatrice la voyant être tour à tour acclamée et démonisée. Cette fascinante cinéaste n’a réalisé que quelques œuvres en deux décennies de carrière. Toutes se sont démarquées, leur matériau commun étant composé d’esthétique baroque, de styles de jeu non-conventionnels, de touches d’humour sombrement excentriques et, bien sûr, d’un regard subversivement captivant sur notre capacité à être cruels, obsessifs et sexuellement déviants. CHAINED ne fait pas exception. Entre les mains de Lynch, ce qui aurait pu être un simple film de tueur en série sur « comment créer un monstre » se transforme en un dérangeant discours sur la condition parentale et l’instinct. À l’épicentre, D’Onofrio est un lourd cauchemar volcanique. Tout, de son langage corporel à l’inconfortable façon dont il livre ses répliques, a été modifié et modelé pour créer une performance effroyablement individualiste. Portez aussi attention à la brève mais mémorable apparition de Julia Ormond, refaisant équipe avec Lynch suite au phénoménal SURVEILLANCE (2008).

— Mitch Davis

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