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Stray Cat Rock: Sex Hunter ("Nora neko rokku — sekkusu hanta")

  • Japon
  • 1970
  • 93 mins
  • 35mm
  • Japonais
  • Anglais (sous-titres)

“Impeccably stylized and undeniably cool” — Tom Mes, MIDNIGHT EYE

Le gang mené par la belle Mako (Meiko Kaji, LADY SNOWBLOOD et FEMALE CONVICT SCORPION) règne dans les rues et clubs de la ville, commettant divers actes d’extorsion et menus larcins pour financer son mode de vie de fêtard. Mako est amoureuse du maniaco-dépressif Baron (Tatsuya Fuji, IN THE REALM OF THE SENSES), leader des Eagles, un gang qui déambule à bord de vieux jeeps de l’armée américaine, écrasant quiconque s’aventurant sur son territoire. Lorsqu’une des filles de Mako s’éprend d’un métis, cela fait naître des instincts encore pires chez Baron, qui déclare la guerre à tous les étrangers et personnes de sang mêlé. Pendant ce temps, l’attention de Mako est détournée par l’arrivée en ville de Kazuma (le regretté Riki Yasuoka, TAMPOPO), un imposant bagarreur métis à la recherche de sa sœur disparue. La tension atteint bientôt son paroxysme, alors que Mako et Kazuma s’enfuient ensemble, talonnés par Baron et son gang.

Un des principaux films ayant permis aux studios Nikkatsu de passer du pop art idéaliste des années soixante au nihilisme crasseux de la décennie suivante, SEX HUNTER fut non seulement un point tournant dans la pentalogie STRAY CAT ROCK, mais aussi pour Nikkatsu et, vraisemblablement, le cinéma japonais tout entier. Moins d’un an plus tard, Nikkatsu se consacrait exclusivement à la production de films érotiques; les récits mêlant sueur et politique de ces « Roman Porno » préfiguraient dans le film de Hasebe. Propulsé par un scénario provocateur et enragé écrit par Atsushi Yamatoya, SEX HUNTER n’y allait pas de main morte, introduisant des héroïnes hédonistes dont le mode de vie carbure à la drogue et abordant les rapports sexuels interraciaux, le racisme violent et la répression sexuelle. Quelques années seulement auparavant, Nikkatsu offrait à son public des héroïnes virginales et de séduisants héros qui avaient peut-être certains vices, mais qui, au final, payaient toujours pour leurs crimes. Au tournant d’une nouvelle décennie et alors que l’industrie cinématographique japonaise faisait face à une crise, le studio présentait ses amants maudits comme des martyrs dans une histoire d’inceste à peine voilé et de violence culminant avec un massacre. La rébellion était dans l’air et la relance économique supposément éclatante du Japon était sauvagement remise en question par une nouvelle génération de cinéastes; Hasebe n’était pas le seul à crier « No future! » chez Nikkatsu, mais sa voix était assurément l’une des plus fortes.

— Marc Walkow

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