9 juillet 2009 15:59:00
Présenté avec TERRIBLY HAPPY au même programme, jeudi le 9 juillet à 19h00 à la Salle J.A. de Sève (mais il suit le long métrage au lieu de le précéder) est l'incroyablement touchant court documentaire DIARY OF A TIMES SQUARE THIEF, qui fait partie de notre série annuelle Documentaries From The Edge:Regards sur une société explosive. Le documentaire faisait parti de la sélection officielle des Hot Docs de Toronto et son visionnement est hautement recommendé.
Pour plus d'information, dont une description du film, des images et comment se procurer des billets, visitez la page du film ici: http://www.fantasiafest.com/2009/fr/films/film_detail.php?id=257
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Un collectionneur hollandais de la classe moyenne aisée paie $78 dollars sur eBay pour un vieil album, qui se trouve à être le journal intime d'un homme qui a déménagé à New York au cours des années 80 dans l'espoir of d'y faire carrière, mais qui s'enlisa dans les malheurs de la vie de Times Square, chaque jour documentant son déclin dans un texte remarquablement poétique et réfléchi. Le collectionneur devient fasciné par l'item au point de décider de partir à la recherche de l'auteur du journal intime.
Il quitte pour New York, avec pour seuls indices le pronom de l'auteur, ainsi que ceux de personnages secondaires au mélodrame urbain. Le journal mentionne un lieu de travail de renom, le Times Square Hotel. En ce temps-là , à cause d'une crise du logement durant depuis les années 70, ce lieu était l'épicentre de l'aide sociale.
Guidé par les mots du barde défaitiste de Bowery ("Bâton et flegme. J'étais attiré par tout cela immédiatement."), notre détective amateur débute son périple, se sentant obligé de découvrir les secrets de ce réceptionniste anonyme d'hôtel. Comme l'auteur du journal avant lui, son périple est rempli de rencontres avec d'étranges passagers, chacun possédant un brin de tristesse et de sagesse en mesures égales. Il est obsédé par deux question: «Quel est votre plus grand vice? Quel est votre plus grand regret? » Mais il semble que ce pourrait peut-être lui qui serait avide de faire des confessions.
Times Square est l'un des quartiers urbains les plus célèbres dans le monde (et le plus incompris). Il est immortalisé dans plusieurs films et livres qui alternent une romantisation et une lamentation de l'évolution, du déclin et de la corporatisation du quartier. Ainsi, l'âge d'or de Times Square dépend de la personne à qui l'on demande. Pour les gens de ma génération, qui associent le Times Square avec du cinéma gratuit, la période couvrant la fin des années 60 se poursuivant à travers les années 70 serait la source de l'empreinte culturel unique du quartier sur le monde.
Ayant été présenté des centaines de fois au cinéma, ces films qui fonctionnent plutôt comme un témoin de la vie nocturne de Times Square - STORY OF A JUNKIE de Lech Kowalski(aka GRINGO (où l'un des acteurs fut payé en drogues pour ses apparitions candides sur film), DOIN' TIME IN TIMES SQUARE de Charlie Ahearn(dont certaines images furent utilisées dans DIARY...), et bien sûr GODS OF TIMES SQUARE de Richard Sandler (qui a été présenté Ã Fantasia en 2004) - offrent plus qu'un exhibitionnisme de curiosités en mythes propagés par ces films qui pourvoient principalement à l'auditoire grand public. La violence et le vice peuvent être partout, mais l'on peut également y retrouver des unités familliales adoptives, des codes sociaux, des souvenirs, le pathos... et des gens. Un interviewé a dit: "Quand j'étais plus jeune, je voyais les gens comme étant des personnes d'une insignifiance beaucoup plus grande que ce que j'ai appris a reconnaître en eux."
Cependant, Times Square a toujours été caractérisé comme étant le refuge des gens insignifiants, dont personne ne veut. Puis les mythes se développent; ils sont une menace qui plane sur les vies réelles de vraies personnes qui se trouvent à vivre dans un quartier de merde. Pourquoi sommes-nous si curieux à propos de la vie de maraudeurs, de drogués ou de prostitués qui sont perçus comme ayant tant échoués à la vie. Comme le détective hollandais, nous regardons des films, nous lisons des livres et nous rêvassons. Ce n'est rien de neuf; dans l'ère suivant la 2e guerre mondiale, les romans à sensation au sujet de musicians jazz accro aux drogues proliféraient (le jazz à cette époque équivalait exclusivement avec vie urbaine et déviance). Bien sûr, ces romans avaient leurs homologues 'éducatifs' (des études de cas et des témoignages sur la vie dans la rue et la vie sur les seringues) compilés par des psychologues, des travailleurs sociaux et le clergé, qui étaient engloutis avec ferveur par des lecteurs de classe moyenne aisée.
Bien sûr, ceci est une histoire plus grande qu'une simple curiosité des modes de vie en marge. Mais nous savions ceci lorsque l'on a débuté le périple - nous savions quand s'y rendant, nous apprendrions quelque chose à propos de nous-mêmes, et c'est cela que nous voulions vraiment depuis tout ce temps.
- Kier-La Janisse
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DIARY OF A TIMES SQUARE THIEF sera présenté jeudi le 9 juillet avec TERRIBLY HAPPY, à la Salle J.A. de Sève à 19h00, et une seconde fois jeudi le 16 juillet à 22h05, également à la Salle J.A. de Sève.