Description
L’un des premiers « pinku eiga » entièrement en couleurs, ce film outrageux suit les tribulations d’une jeune femme tentant de faire chanter un banquier corrompu responsable de la mort de ses parents. Réalisé par Kan Mukai, l’un des héros oubliés de l’industrie, et proposant une vision psychédélique du Tokyo des Swinging Sixties,
BLUE FILM WOMAN a beaucoup à offrir à un spectateur moderne et blasé, comme un générique d’ouverture lysergique, un mutant pervers caché dans le grenier et une choquante scène de clôture faisant délicieusement écho à la situation économique mondiale d’aujourd’hui.
N’ayant pas les ressources des grands studios, les premières compagnies de « pinku eiga » étaient forcées de tourner leurs films en noir et blanc, adoptant graduellement un format « partiellement en couleurs » en 1964 avec le désormais perdu
MISTRESS (
MEKAKE) de Kinya Ogawa dans lequel les scènes érotiques explosent de couleurs. Ce format a persisté jusqu’à ce que Nikkkatsu lance en 1971 Roman Porno, des productions tournées en panoramique bénéficiant d’un budget plus élevé. Il y avait néanmoins des « pinku eiga » en couleurs dès 1967, dont
NEW CHRONICLE OF AN AFFAIR (
SHIN: JOJI NO RIREKISHO) d’Osamu Yamashita, une suite officieuse du révolutionnaire
CHRONICLE OF AN AFFAIR(1965) de Koji Wakamatsu,
FORBIDDEN GARDEN (
JOSHI DAISEI NO KINJIRARETA HANAZONO) et
PLEASURES OF A HUSSY (
ABAZURE NO ETSURAKU) de Satoru Kobayashi. Cependant, le format entièrement en couleurs impliquait des budgets beaucoup plus élevés que l’habituel 3,5 millions de yens (approximativement 35,000$) des productions de l’époque et, pour cette raison, n’a pas été adopté avant plusieurs années.
Né le 16 octobre 1937, Kan Mukai a entrepris sa carrière en tournant des documentaires éducatifs, réalise en 1962
TWO BOYS (
FUTARI NO SHONEN), son premier film, avant de pénétrer dans l’industrie des « pinku eiga » avec
FLESH (
NIKU) en 1965. Il a créé ses propres compagnies de production, Mukai Productions et Shishi Pro, avec lesquelles il a réalisé plusieurs centaines de « pinku eiga » et lancé la carrière de jeunes réalisateurs comme Yojiro Takita, Hisayasu Sato et Takahisa Zeze.
—Jasper Sharp, MIDNIGHT EYE (traduction Simon Laperrière)