Description
Nous sommes en 1910 et la Corée est occupée par les forces coloniales japonaises. Jin-ho, un détective de petite envergure qui gagne sa vie en photographiant des gens en flagrant délit d’adultère, s’est découvert une combine relativement payante. Après avoir confirmé les doutes des conjoints jaloux, il pousse l’audace jusqu’à aller vendre ses clichés aux journaux à potins. Jin-ho rêve de partir aux États-Unis et il aura bientôt amassé une somme suffisante pour y arriver. Mais tout rêve mène à un réveil, qui vient ici sous la forme d’un jeune médecin, Kwang-su, pris avec un grave problème. Après avoir découvert le cadavre d’un homme, visiblement victime d’un meurtre, il a eu la brillante idée de le ramener chez lui pour pratiquer ses talents de chirurgien. Comme c’est le corps du fils d’un haut placé du gouvernement qui est caché dans ses appartements et que la police le recherche activement, il doit démasquer le meurtrier avant que les soupçons ne pèsent sur lui. Il a besoin d’un homme astucieux pour l’aider et Jin-ho est le candidat rêvé. Devant la somme colossale que Kwang-su lui offre, le détective met ses projets en veilleuse et accepte de chercher le tueur. Cependant, les deux hommes sont loin de se douter jusqu’où leur enquête les mènera…
La Corée du Sud a abordé à peu près tous les genres cinématographiques depuis une décennie, mais le film de détective à la Sherlock Holmes n’avait pas vraiment bénéficié de l’unique vision coréenne. C’est maintenant chose faite.
PRIVATE EYE, une première réalisation pour Park Dae-min, aborde ce genre avec bonne dose d’humour, d’action et de suspense, tout en ajoutant un intéressant et subtil volet historique à l’intrigue. La reconstitution de la Corée du début du 20e siècle, effectuée par les mêmes artisans qui nous en ont mis plein la vue avec
THE GOOD, THE BAD, THE WEIRD, est tout simplement superbe. Hwang Jung-min (
BLACK HOUSE) et Ryu Deok-hwa (
LIKE A VIRGIN) incarnent avec applomb ce duo d’enquêteurs rappellant Holmes et Watson. L’hommage aux deux héros de Sir Arthur Conan Doyle est d’ailleurs pleinement assumé. En mélangeant certains éléments sociaux et politiques à une intrigue pleine de rebondissements, le tout agrémenté d’une touche de mystère et de féérie,
PRIVATE EYE réussit là où plusieurs superproductions estivales échouent : allier substance et pur divertissement.
—Nicolas Archambault