Description
Un détenu est trouvé pendu dans sa cellule. On ouvre une enquête afin de connaître les tenants et aboutissants de l’affaire. Les trois compagnons de cellule du défunt se succèdent en salle d’interrogatoire. Ces témoignages sont filmés. À travers une série de retours en arrière, nous revivons les vingt-quatre dernières heures du pendu. Ce qui semblait être à première vue une franche camaraderie entre taulards se révèle bien plus horrible. Les quatre hommes faisaient une partie de poker pour tromper leur ennui, quand un pari idiot fut lancé, qui devait entraîner tout le reste dans le chaos et la cruauté. La partie dégénère et cette tension palpable entre les quatre joueurs atteint des niveaux carrément insupportables. C’est dans les plus sombres recoins de leur psyché que ces prisonniers vont pêcher des gestes répugnants et abusifs qui empirent sans cesse la situation. Enfin, le tout chavire inéluctablement dans une terrible orgie de sadisme et de torture grotesque.
Le mauvais garçon du septième art, Uwe Boll, est de retour avec ce film qui étouffe ses spectateurs comme un coup de poing dans le ventre. Mettant en vedette Edward Furlong et basé sur une histoire vraie,
STOIC est une œuvre à la fois fascinante et rébarbative avec une structure narrative simple, quoique mortellement efficace. En allant des interrogatoires sur bande vidéo au vrai petit monde claustrophobique de la cellule (avec caméra mobile et nerveuse tenue à la main), Boll capture tous les effets les plus sordides qu’une incarcération peut avoir sur le comportement humain. Mentalité de groupe ou psychose collective, c’est à vous de décider, mais une chose est sûre : cette descente vertigineuse jusqu’au troisième sous-sol de la démence vous choquera. En outre, avec ce scénario efficace, ce montage hors pair et de splendides performances,
STOIC prouve qu’il n’est pas indispensable de disposer d’un budget de cent millions de dollars afin de faire un bon film. La réputation de querelleur ingrat que l’on attribue au réalisateur de
POSTAL et
BLOODRAYNE est-elle méritée? Ça aussi c’est vous qui en déciderez. Disons seulement qu’il y a ici une idée neuve et un courage inné de transgresser un tout petit peu les règles…
STOIC représente une sorte d’idéal du cinéma puisque c’est un film qui nous fait directement ressentir son propos.
—Robert Guillemette (traduction David Pellerin)