Description
Il existe peu de collectifs créatifs dans le monde qui auraient de bonnes raisons d’intituler la série de leurs courts métrages
GENIUS PARTY. Cependant s’il y en a un qui a ce droit, c’est le sensationnel Studio 4°C, fondé au Japon, en 1986, par les animateurs Koji Morimoto, Eiko Tanaka, et Yoshiharu Sato. Les talents gravitant autour de cette entreprise sont extraordinaires et figurent parmi les artistes les plus originaux et inventifs qui soient dans le domaine de l’animation actuellement — mais les fidèles de Fantasia le savent déjà. Depuis leur œuvre
MEMORIES, en 1995, en passant par
SPRIGGAN, en 1998, avec le titan de l’anime, Katsuhiro Otomo (
AKIRA), jusqu’à l’incroyable court métrage
NOISEMAN SOUND INSECT, et aux films récents comme
MIND GAME et le long métrage en ouverture l’an dernier,
TEKKON KINKREET, la vision ahurissante et audacieuse qu’a le Studio 4°C de ce que peut être l’animation a constamment impressionné ceux qui fréquentent notre festival.
Les sept courts métrages qui composent
GENIUS PARTY ne pouvaient être plus divers, liés uniquement par une norme élevée de qualité d’inspiration. L’œuvre introductive d’Atsuko Fukushima est une abstraction fantastique à savourer visuellement. Masaaki Yuasa, ayant contribué aux célèbres
MIND GAME et
CAT SOUP, étale son style graphique distinctif et faussement simple ainsi qu’une logique d’état de rêve avec « Happy Machine », son interprétation de la première année de vie d’un enfant. Dans l’intervalle, « Deathtic 4 » de Shinji Kimura, plus sinistre, semble explorer les recoins ténébreux de l’imagination d’un enfant et ouvre un coffre à jouets rempli de délices sombres. « Limit Cycle » de Hideki Futamura évoque une vision de réalité virtuelle, tandis que « Doorbell » de Yuji Fukuyama, et « Baby Blue » de Shinichiro Watanabe, usent d’un réalisme simple à des fins très surréalistes. Enfin, Shoji Kawamori, avec « Shanghai Dragon », dénoue les tropes et les conventions de l’anime traditionnel et en fait une folle virée.
—Rupert Bottenberg (traduction Victoire Gounetenzi)