Description
L’univers de l’horreur n’a nullement besoin d’une ixième nouvelle version de Frankenstein. Et pourtant, il arrive, parfois, qu’une vision unique en son genre fasse surface, nous rappelant d’un seul coup à quel point le texte de Mary Shelley est riche de facettes et de possibilités. Comme ce fut le cas de l’histoire d’amour lubrique de Lucky McKee, May, ce film de Philip Chidel, intitulé Subject Two, est un Frankenstein moderne. L’histoire, cette fois, se passe à Aspen, dans le Colorado: un endroit montagneux, enneigé, et isolé du monde. Certaines grandes lignes sont puisées à la source insigne de Shelley, mais la plupart de l’intrigue est un courant d’air frais qui nous vient de Chidel et n’appartient qu’à lui.
Quatre mille mètres au-dessus du niveau de la mer, le docteur Franklin Vick fait de la recherche médicale. Le thème de son expérimentation? La résurrection. Et l’éthique professionnelle? Bah! Un premier cobaye lui ayant déjà faussé compagnie, le docteur fait appel à Adam Smith, un étudiant en médecine souffrant de migraines carabinées. Adam contribue aux recherches du docteur Vick en se laissant placidement tuer, puis ressusciter, puis tuer, puis ressusciter, et ainsi de suite. Après avoir été étranglé, poignardé, empoisonné, et après avoir reçu une balle, Adam se sent en pleine forme, il pète le feu, et n’a plus l’ombre d’une migraine. N’importe laquelle de ses blessures guérit d’elle-même, à une vitesse étonnante. Mais les décès en cascade ont, hélas, des effets secondaires, et Adam les subit... Le bon docteur tente d’y remédier, mais cela change peu à peu son cobaye en une perversion de la science, une « chose » incapable de ressentir quoi que ce soit, et, donc, n’ayant plus rien d’humain.
Entièrement filmé dans une cabane perdue à des milles de toute civilisation, sans eau courante ni électricité, et avec une équipe de neuf personnes seulement, Subject Two constitue une réflexion ambitieuse sur le désir immémorial de l’homme voulant être Dieu... L’approche englobe tout ce que la science moderne a désormais à offrir: solutés, cryogénie, nanotechnologie. La musique imposante d’Erik Godal accentue l’impression de hantise frigorifique de tout ceci. Après la comédie Far from Bismark, ceci est le second film de Philip Chidel. C’est un suspense bien tassé qui ne conserve rien de la solennité gothique de Mary Shelley, et qui n’emprunte rien non plus au classique théâtral de James Whale. Il s’agit plutôt ici d’un registre lent, ponctué de paroxysmes violents; et l’accumulation, comme avant une avalanche, conduit à la fin funeste qui ne secoue pas tant qu’elle ne chagrine son spectateur subjugué.—Jovanka Vuckovic (traduction David Pellerin)
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NotesEn présence du réalisateur Philip Chidel
SELECTION OFFICIEL: Sundance 2006
GAGNANTE: Audience Award,Silver Lake Film Festival
GAGNANTE: Meilleur long-métrage, Sci-Fi-London Film Festival Sitehttp://www.subjecttwomovie.com Équipe de productionRéalisation: Philip Chidel Scénario: Philip Chidel Interprètes: Christian Oliver, Dean Stapleton, Courtney Mace Production: Philip Chidel, Christian Oliver, Dean Stapleton Distribution: First Look Features
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